Agrigente :
Ville d'Italie (Sicile). Elle s'est appelée Girgenti jusqu'en 1927, date à laquelle elle a repris son nom ancien. Fondée vers 580 av. J.-C., elle subit la tyrannie cruelle de Phalaris. Théron, en 480 av. J.-C., la libéra de la tutelle de Carthage ; prise et pillée en 406 av. J.-C. par les Carthaginois, elle ne retrouva jamais sa splendeur passée. Parmi d'imposantes ruines du VIe et du Ve s. av. J.-C., les temples de la Concorde ou d'Héra Lacinia, témoins de l'âge d'or de la cité, montrent l'épanouissement et l'équilibre de l'ordre dorique.
Alexandre le Grand :
Roi de Macédoine (336-323). Au début de 334 av. J.-C., Alexandre franchit l'Hellespont (les Dardanelles). L'armée du roi de Perse Darios III, très supérieure en nombre, attend les Macédoniens sur les bords du Granique, petit fleuve côtier de Phrygie. C'est là qu'Alexandre remporte sa première victoire en Asie (334), se rendant maître de l'Asie Mineure. En 333, ayant franchi les montagnes de Cilicie, il écrase dans la plaine d'Issos l'armée perse. Alexandre, se refusant à toute négociation, poursuit son plan d'encerclement méthodique de la Méditerranée orientale. Il soumet le littoral syrien (prise de Tyr et de Gaza en 332) et pénètre en Égypte, qui, supportant mal le joug des Perses, l'accueille en libérateur. En 331, il quitte l'Égypte après avoir fondé Alexandrie, traverse le Tigre et l'Euphrate, au-delà duquel Darios III a concentré toutes ses troupes. La bataille décisive a lieu entre Gaugamèles et Arbèles en octobre 331 et marque la fin de la dynastie des Achéménides. Alexandre s'empare de Babylone et de Suse, brûle Parsa (Persépolis) et atteint l'Indus. Mais, son armée étant épuisée, il revient à Suse (324). Alexandre conserve une grande partie des institutions perses (fiscalité, division en satrapies), adopte le cérémonial de la cour des Achéménides et gouverne à la manière d'un despote oriental. Il crée de nombreuses villes, auxquelles il donne son nom. S'efforçant de fondre les civilisations perse et grecque, il encourage l'intégration des Perses dans l'armée et favorise les mariages entre les deux communautés.
Céramique d'Alexandre le Grand
Alexandre le Grand (monnaie)
Aristote :
Aristote, dit « le Stagirite », quitte la Macédoine à 17 ans pour Athènes, où il rejoint l'Académie. Il y suit les cours de Platon vingt années durant. Il échoue dans sa tentative pour lui succéder, et part pour l'Asie Mineure, à Assos, afin de créer un centre d'enseignement et de recherche. Il compose alors le dialogue Sur la philosophie, la « charte d'Assos ». Par la suite, il accepte l'invitation du roi Philippe II de Macédoine comme précepteur de son fils Alexandre. Après l'avènement de son élève, Aristote reprend le chemin d'Athènes. Il y fonde le Lycée, où il enseigne « en se promenant » d'où le nom de l'école « péripatéticienne » , mais tout en ayant d'intenses activités. À l'annonce de la disparition brutale d'Alexandre, Aristote quitte précipitamment la ville et meurt peu après.
Buste d'Aristote
Asie Mineure :
Nom que donnaient les Anciens à la partie occidentale de l'Asie au sud de la mer Noire. Elle correspondait approximativement au territoire de la Turquie actuelle.
Attique :
Péninsule de la Grèce où se trouve Athènes.
Auguste :
Par sa mère petit-neveu de César, Auguste, né en 63 av. J.-C., porte d'abord le nom d'Octave ; il deviendra Octavien quand son adoption par César (45) sera officiellement reconnue, en 43. Considéré comme le fondateur de l'empire, il en a en fait institué le principat, tout en se présentant comme l'héritier des magistrats républicains.
Sculpture d'Auguste
Carthage :
Ville antique de l'Afrique du Nord, à une vingtaine de kilomètres de l'actuelle Tunis. La ville est créée, selon la tradition, en 814 av. J.-C. par la Phénicienne Élissa, ou Didon. C'est, à l'origine, l'un des nombreux comptoirs fondés par les Phéniciens venus de Tyr. Progressivement, Carthage devient la capitale d'un État maritime très puissant. Se substituant à Tyr, elle impose sa domination aux comptoirs phéniciens de la Méditerranée occidentale. Elle redistribue dans le monde antique les produits de l'Espagne et de l'Afrique (or, argent, étain, ivoire, etc.). Ses navigateurs partent à la recherche de nouvelles voies commerciales. La constitution d'un puissant empire maritime.
VIIe s. av. J.-C. : Carthage établit des comptoirs sur les côtes d'Espagne, aux Baléares, en Sardaigne et dans l'ouest de la Sicile.
480 av. J.-C. : les Carthaginois sont défaits par les Grecs de Syracuse et d'Agrigente à Himère.
v. 450 av. J.-C. : Hannon aurait reconnu les côtes de l'Afrique occidentale (golfe de Guinée).
IVe s. av. J.-C. : apparition de la monnaie à Carthage.
Carthage est gouvernée par une oligarchie de riches familles dont certaines, du VIe au IVe s. av. J.-C., assument le pouvoir royal. Puis des suffètes (magistrats suprêmes) élus leur succèdent. À Carthage même, on produit tissus de pourpre et tissus ordinaires, bijouterie, armes et poterie. La civilisation et les murs gardent une forte empreinte orientale, dont témoigne particulièrement la vie religieuse. Ainsi, le dieu Baal Hammon, associé à la déesse Tanit, est honoré de sacrifices de jeunes enfants comme l'étaient les dieux cananéens. Progressivement, l'enfant est remplacé par un agneau.
L'affrontement avec Rome. Carthage reprend la conquête de la Sicile grecque à la fin du IVe s. av. J.-C., mais ses progrès inquiètent Rome, maîtresse de l'Italie, qui affronte sa rivale au cours de trois guerres successives, dites « guerres puniques ».
264-241 av. J.-C. : première guerre punique.
L'armée carthaginoise, composée de mercenaires, échoue face aux Romains, sur terre comme sur mer. Carthage abandonne la Sicile, la Sardaigne et la Corse et doit faire face à la révolte de ses mercenaires. Elle retrouve sa puissance grâce à la famille des Barcides. Hamilcar Barca et Hasdrubal conquièrent l'Espagne, où ils fondent Carthagène (la nouvelle Carthage) et Alicante. Ce riche territoire donne à Hannibal, fils d'Hamilcar, les moyens de porter la guerre en Italie.
218 av. J.-C. : début de la deuxième guerre punique.
Hannibal franchit l'Èbre, les Pyrénées, les Alpes (avec ses éléphants). Il est d'abord victorieux en Italie.
202 av. J.-C. : Hannibal est vaincu par Scipion l'Africain à Zama.
Carthage ne possède plus que son territoire africain. Elle se relève cependant, poussant Caton l'Ancien à réclamer sa destruction.
149-146 av. J.-C. : troisième guerre punique. Pendant trois ans, les Romains assiègent Carthage, qui est anéantie et rasée.
Cléopâtre VII :
Alexandrie 69 - id. 30 av. J.-C. Reine de 51 à 30. Successivement épouse de ses frères Ptolémée XIII (m. en 47) et Ptolémée XIV (m. en 44), elle dut à César (dont elle eut un fils, Césarion, le futur Ptolémée XV) son autorité sur l'Égypte. Elle séduisit Antoine, maître de l'Orient romain, qui joignit à l'Égypte plusieurs provinces romaines. Vaincus par Octavien, fils adoptif de César, à Actium (31), Antoine et Cléopâtre s'enfuirent en Égypte, où ils se suicidèrent (la reine se serait fait mordre par un aspic). Avec Cléopâtre finissent la dynastie des Lagides et l'indépendance de l'Égypte hellénistique.
Buste de Cléopâtre
Clisthène :
Homme d'État athénien (seconde moitié du VIe s. av. J.-C.). Initiateur d'importantes réformes, il institua à Athènes de nouvelles divisions territoriales de façon à renforcer, par un brassage des citoyens, l'unité de la cité. Il réforma le calendrier, l'armée et orienta définitivement les institutions athéniennes vers une véritable démocratie.
Corinthe :
Cité grecque qui fut, grâce à sa position sur l'isthme, la métropole marchande et industrielle la plus riche de la Grèce archaïque (VIIe-VIe s.), et qui fonda de nombreuses colonies en Grèce d'Occident. Affaiblie par la guerre du Péloponnèse contre Athènes (431-404 av. J.-C.) et par sa lutte contre Sparte (395-391), elle retrouva un peu de son importance à l'époque hellénistique. Elle fut détruite en 146 av. J.-C. par les Romains puis devint la capitale de la province d'Achaïe. C'est aujourd'hui un port sur le golfe de Corinthe, près du canal de Corinthe (6,3 km), percé à travers l'isthme du même nom, qui relie le Péloponnèse au reste de la Grèce (Corinthiens). La ville archaïque devint le plus productif centre de céramique. Nombreux vestiges, dont le temple archaïque d'Apollon, la ville romaine, d'importantes installations portuaires, un sanctuaire d'Isis.
Temple d'Apollon à Corinthe, VIe siècle av. J.-C.
Cyrus II le Grand :
Roi de Perse (v. 556-530 av. J.-C.), fondateur de l'Empire achéménide. Fils de Cambyse Ier, il renverse le roi des Mèdes Astyage (550), se proclame roi des Mèdes et des Perses et étend sa souveraineté sur la Lydie (546), les cités ioniennes, les territoires iraniens du Turkestan et de l'Afghanistan. La prise de Babylone (539) porte sa puissance à son apogée. Il eut une politique religieuse de tolérance et permit aux Juifs de rentrer à Jérusalem et de reconstruire le Temple (538). Il périt en combattant une peuplade scythe, les Massagètes.
Delphes :
Ville de l'ancienne Grèce, en Phocide, sur le versant sud-ouest du Parnasse, dans un site grandiose où Apollon avait un temple et rendait des oracles par la bouche d'une prêtresse, la pythie. Centre religieux le plus important du monde grec, Delphes rayonna sur tout le monde antique du VIIe s. av. J.-C. à l'époque romaine : tous les quatre ans, les jeux Pythiques réunissaient, à l'égal des jeux Olympiques, les habitants du monde grec.
Démosthène :
Homme politique et orateur athénien (Athènes 384 - Calaurie 322 av. J.-C.). À force d'étude et de ténacité, il réussit à surmonter sa difficulté d'élocution et à acquérir un remarquable talent oratoire qu'il emploie d'abord comme avocat puis, en politique, contre Philippe de Macédoine (Olynthiennes, Philippiques). De 340 à 338, Démosthène dirige la politique athénienne et obtient l'alliance de Thèbes, mais les Athéniens et les Thébains sont écrasés par Philippe à Chéronée (338). Exilé, Démosthène encourage la révolte des Grecs, après la mort d'Alexandre, mais s'empoisonne après leur défaite. Son uvre d'orateur, riche d'une soixantaine de discours, demeure un modèle.
Doriens :
Peuple indo-européen qui envahit la Grèce à la fin du IIe millénaire av. J.-C. Apparentés aux Achéens, qu'ils refoulèrent, les Doriens envahirent la Thessalie, le Péloponnèse, la Crète, les Cyclades et colonisèrent le sud-ouest de l'Asie Mineure. Vers le XIIIe siècle, plusieurs vagues d'invasion aboutirent à la destruction des cités mycéniennes. L'organisation des Doriens était celle d'une société guerrière, dont Sparte a gardé beaucoup de traits.
Guerre de Troie :
Guerre légendaire qui conserve le souvenir des expéditions des Achéens sur les côtes d'Asie Mineure, au XIIIe s. av. J.-C. Elle a été racontée, sous une forme poétique, dans l'Iliade d'Homère.
Guerres médiques :
Conflits qui ont opposé les Grecs à l'Empire Perse. L'origine de ces guerres est le soutien apporté par Athènes à la révolte des Ioniens (499), dont Darios vient à bout en 495. Pour assurer sa domination sur l'Égée, celui-ci s'attaque ensuite aux cités de la Grèce d'Europe. En 490 (première guerre médique), Darios traverse l'Égée et, malgré des forces importantes, est vaincu à Marathon. En 481 (seconde guerre médique), Xerxès, reprenant la politique de son père, envahit la Grèce avec une formidable armée. Les Grecs tentent en vain de l'arrêter aux Thermopyles (août 480), et Athènes est prise et incendiée ; mais, grâce à Thémistocle, la flotte perse est détruite devant l'île de Salamine (sept. 480). Xerxès abandonne son armée, qui est vaincue à Platées (479). Les Grecs portent alors la guerre en Asie sous la direction d'Athènes et remportent les victoires du cap Mycale (479) et de l'Eurymédon (468). En 449, la paix de Callias entérine la liberté des cités grecques d'Asie.
Guerres puniques :
Long conflit (264-146 av. J.-C.) qui opposa Rome et Carthage, et qui aboutit à la ruine de cette dernière. La cause en fut la rivalité des deux cités se disputant l'hégémonie de la Méditerranée occidentale.
La première guerre punique (264-241 av. J.-C.) a pour théâtre la Sicile, d'où les Romains tentent d'évincer les Carthaginois. Les Romains, forts des succès de leur flotte (Mylae, 260), débarquent en Afrique. Ils connaissent ensuite une série de revers : défaite et mort de Regulus (255) en Afrique, échecs de la flotte (Drepanum, 249) et de l'armée en Sicile contre Hamilcar Barca. Mais la victoire décisive de la flotte romaine aux îles Égates (241) amène Carthage à demander la paix ; la Sicile passe sous le contrôle de Rome.
La deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.) est marquée par l'offensive du Carthaginois Hannibal. Partant d'Espagne (prise de Sagonte, 219), celui-ci traverse les Pyrénées et les Alpes puis entre en Italie, où il bat les Romains au Tessin et à la Trébie (218), au lac Trasimène (217), à Cannes (216) ; mais, ne recevant pas de renforts, il s'attarde à Capoue et doit renoncer à prendre Rome (211). Cependant, les Romains conquièrent la Sicile et l'Espagne. Hasdrubal, qui essaie de rejoindre son frère Hannibal, est vaincu et tué sur les bords du Métaure (207). En 204, Scipion l'Africain porte la guerre en Afrique, après avoir obtenu le soutien du roi numide Masinissa. Hannibal, rappelé d'Italie, est vaincu à Zama (202). La paix de 201 enlève à Carthage ses possessions d'Espagne et la prive de sa flotte ainsi que de ses éléphants.
La troisième guerre punique (149-146 av. J.-C.) porte le coup de grâce à Carthage. Le sénat romain, mis en garde par Caton qui craint la renaissance de la cité ( « Delenda est Carthago », Carthage doit être détruite), prend prétexte du conflit qui oppose les Carthaginois à Masinissa, allié de Rome, et envoie Scipion Émilien en Afrique. Après trois ans de siège, Carthage est prise et rasée. La puissance punique n'existe plus.
Homère :
L'existence, au IXe s. av. J.-C., du plus célèbre des poètes antiques fut longtemps l'objet de controverses. Sept villes ont prétendu le voir naître et sa cécité légendaire n'est sans doute que le symbole du regard intérieur du créateur. Mais, qu'il ait existé ou non, Homère est resté, de Virgile à Joyce, une référence majeure de toute la littérature occidentale.
L'existence du personnage d'Homère, au IXe s. av. J.-C., est entourée de légendes dès le VIe s. av. J.-C. La tradition le représente errant de ville en ville et déclamant ses vers. Hérodote, son premier biographe, voit en Homère un Grec d'Asie Mineure. Dès le VIIe s. av. J.-C., l'uvre est connue de tout le monde hellénistique et exerce une influence majeure sur ses philosophes et ses écrivains. Pour Platon, « Homère a fait l'éducation de la Grèce. » Le texte de l'Iliade et de l'Odyssée est fixé par le tyran athénien Pisistrate, qui en fait établir une édition écrite à la fin du VIe s. av. J.-C.
Destinée à être récitée devant un public de guerriers, l'Iliade est d'abord une épopée militaire, où les scènes de combats et l'exaltation du courage occupent la première place. L'Odyssée est une épopée non plus guerrière et héroïque, comme l'Iliade, mais humaine et initiatique, où l'homme solitaire affronte les épreuves avec sa volonté, son intelligence et son adresse. Malgré les contrastes évidents de langue, de milieu, de morale entre les deux uvres, la thèse semble aujourd'hui prévaloir de deux auteurs culturellement proches ou d'un auteur unique, écrivant les deux épopées à cinquante ans d'intervalle, à partir des fragments d'une tradition orale.
Buste d'Homère
Ionie :
Partie centrale de la région côtière de l'Asie Mineure, peuplée de Grecs venus d'Europe à la suite des invasions doriennes (XIIe-IXe s. av. J.-C.). Les principales villes en étaient Éphèse, Milet, Phocée.
Jeux Olympiques :
Jeux panhelléniques de la Grèce antique, qui se célébraient tous les quatre ans, depuis 776 av. J.-C., à Olympie, en l'honneur de Zeus Olympien.
Buste d'athlète athénien
Macédoine :
Les tribus de Macédoine sont unifiées au sein d'un royaume qui atteint son apogée sous les règnes de Philippe II (356-336 av. J.-C.) et d'Alexandre le Grand (336-323). À la mort de ce dernier, ses lieutenants et successeurs se disputent la Macédoine. Antigonos Gonatas (v. 320-240/239 av. J.-C.) s'empare en 276 du pays, qui est désormais gouverné par les Antigonides (276-168 av. J.-C.). Puis la victoire romaine de Pydna (168 av. J.-C.) met un terme à l'indépendance macédonienne. En 148 av. J.-C., la Macédoine devient romaine ; elle est rattachée au IVe s. apr. J.-C. à l'Empire romain d'Orient.
Mégaron :
Grande salle rectangulaire, à foyer fixe central, qui caractérise le premier type d'habitation, en Crète, à Mycènes, etc.
Milet :
Cité ionienne de l'Asie Mineure, qui fut, à partir du VIIIe s. av. J.-C., un important centre de commerce et un foyer de culture grecque (école philosophique). Le cur monumental de la cité témoigne d'un véritable souci d'urbanisme selon les théories d'Hippodamos. Imposants vestiges des époques hellénistique et romaine.
Minos :
Roi légendaire de Crète, fils de Zeus et d'Europe, époux de Pasiphaé et père d'Ariane. Ayant remporté une victoire contre les Athéniens, il leur impose d'envoyer chaque année sept jeunes gens et sept jeunes filles à donner en pâture au Minotaure. Son rôle civilisateur lui valut, après sa mort, d'être, avec Rhadamanthe et Éaque, l'un des trois juges des Enfers.
Mycènes :
Capitale légendaire des Atrides, Mycènes fut, à partir du XVIe s. av. J.-C., le centre d'une civilisation historique dite « mycénienne ». La ville fut ruinée par l'invasion des Doriens (fin du IIe millénaire). La colline est entourée d'une formidable enceinte cyclopéenne qui s'élève encore jusqu'à 17 m de haut sur une épaisseur moyenne de 6 m. Entre deux bastions s'ouvre la porte des Lionnes.
L'enceinte en appareil cyclopéen et la porte de Lionnes à Mycènes. XIVe s. av. J.-C.
Cercle des tombes royales à Mycènes au XVIe siècle av. J.-C.
Panthéon grec :
Temple que les Grecs et les Romains consacraient à tous leurs dieux.
Le Parthénon sur l'Acropole d'Athènes
Le Parthénon seul
Péloponnèse :
Péninsule montagneuse du sud de la Grèce, rattachée au continent par l'isthme de Corinthe Au IIe millénaire, le Péloponnèse fut le siège de la civilisation mycénienne. Son histoire, à l'époque classique, se confondit avec celle de Sparte et de la Grèce.
La "guerre du Péloponnèse" opposa Sparte à Athènes pour l'hégémonie du monde grec. Dans un premier temps (431-421), les belligérants équilibrent succès et défaites et cette période confuse se termine par la paix de Nicias. Sous l'impulsion d'Alcibiade, Athènes monte une expédition en Sicile contre Syracuse (415). Mais Alcibiade trahit Athènes et se réfugie à Sparte. L'armée et la flotte athéniennes sont anéanties devant Syracuse (413). Sparte s'allie avec la Perse et prépare la révolte de l'Ionie contre la domination athénienne (412). Malgré les succès d'Alcibiade (410 et 408), réconcilié avec Athènes, et la victoire des îles Arginuses (406), la flotte athénienne est anéantie par Lysandre en 405 à l'embouchure de l'Aigos-Potamos. En 404, Athènes, assiégée, doit signer une paix qui la dépouille de son empire.
Périclès :
Le rôle de Périclès dans l'ascension politique et dans l'épanouissement culturel d'Athènes lui a valu de donner son nom au siècle le plus brillant de la Grèce classique, le « siècle de Périclès ». Né vers 495 av. J.-C., il participe à la lutte contre l'Aréopage, aux côtés d'Éphialtès, chef du parti démocratique d'Athènes. Après l'assassinat de ce dernier, Périclès lui succède à la tête du parti et dirige l'État en tant que stratège, magistrature à laquelle il sera réélu au moins quinze fois entre 443 et 429. Il poursuit alors la démocratisation de la vie politique de la cité : l'archontat est ouvert à tous les citoyens, le tirage au sort est étendu à de nombreuses magistratures et une indemnité est versée aux détenteurs de fonctions politiques. Mais il institue les « procès d'illégalité » pour annuler les décisions de l'assemblée du peuple (ecclésia) qui iraient à l'encontre des lois existantes.
Dans le conflit qui oppose à Athènes Corinthe, Égine, Sparte et ses alliés, Béotiens et Perses (459-446), Périclès dirige fréquemment les opérations militaires. Mais, après la paix de Callias avec les Perses (449) et la paix de Trente Ans avec Sparte (446), il ne compte plus que sur des méthodes pacifiques, sur le prestige de ses réalisations culturelles et sociales, pour imposer l'hégémonie athénienne aux cités grecques encore indépendantes. Athènes connaît alors l'apogée de sa civilisation : c'est l'époque de l'architecte Phidias, de Sophocle et d'Euripide, de l'enseignement des sophistes et de Socrate. Périclès fait également réaliser de grands travaux : fortifications du Pirée, travaux de l'Acropole. Ces énormes dépenses l'obligent à puiser dans la caisse de la Confédération athénienne, à faire peser l'impérialisme d'Athènes sur ses alliés et, pour cela, à développer dès 448-447 le système des clérouquies (colonies peuplées d'Athéniens) dans la Chersonèse de Thrace, en Eubée et dans les îles ; leur présence humilie les alliés. Mais Périclès réussit à briser leurs velléités d'indépendance.
Prévoyant le conflit avec Sparte, Périclès y prépare le camp athénien. Il serait à l'origine du décret qui, en interdisant les marchés de l'Attique et les ports de la Confédération aux Mégariens, provoque la guerre du Péloponnèse (431). Une opposition se manifeste, formée d'ennemis personnels et d'ambitieux déçus, d'oligarques groupés derrière Thucydide rentré d'exil ; des procès sont intentés à ses amis Phidias et Anaxagore, et à sa maîtresse Aspasie. Mais le peuple lui fait toujours confiance et, adoptant son plan de campagne, s'enferme derrière les murs d'Athènes dès le début de la guerre. Lorsque la peste éclate, ses adversaires, profitant du découragement du peuple, font condamner Périclès à une lourde amende. Réélu stratège au printemps de 429, il succombe à son tour à l'épidémie (sept. 429).
Buste de Périclès
Perses :
Peuple de langue aryenne apparu du IXe au VIIe s. av. J.-C. à l'O. de l'Iran. Les Perses constituèrent la base de deux empires, celui des Achéménides (VIe-IVe s. av. J.-C.) et celui des Sassanides (IIIe-VIIe s. apr. J.-C.), qui imposèrent leur culture à tout l'ensemble iranien.
Carte de l'empire Perse
Plaque en or trilingue de Darius 1er, vers ~500 : "Ceci est le royaume que je possède... Voici ce que Ahura-Mazdâ m'a acccordé."
Phéniciens :
Acculés à la mer, les Phéniciens devinrent, par nécessité vitale, navigateurs et fondèrent sur le pourtour méditerranéen, jusqu'à l'Espagne, de nombreux comptoirs et colonies, dont Carthage (IXe s.), qui s'imposa à l'Occident méditerranéen. Les cités phéniciennes tombèrent sous la tutelle des Empires assyrien (743 av. J.-C.) et babylonien (à partir de 605 av. J.-C.), puis sous celle des Perses et des Grecs, mais elles continuèrent à jouer un rôle capital dans les échanges économiques de la Méditerranée orientale. Héritières de la culture cananéenne, elles conservèrent les cultes de Baal et d'Ashtart ; elles ont légué au monde antique l'usage de l'écriture alphabétique. L'alphabet de la langue sémitique ancienne des phéniciens, appartenant au groupe cananéen est considéré comme l'ancêtre de toutes les écritures alphabétiques.
Navire phénicien
Philippe II :
Régent (359) puis roi de Macédoine (356-336). Il rétablit l'autorité royale, développe l'économie et réorganise l'armée, basée sur un corps d'infanterie, la phalange. Ayant consolidé les frontières de son royaume, il se tourne vers la Grèce. Les Athéniens, malgré les avertissements de Démosthène, réagissent tardivement à la conquête de la Thrace (342-340). Devenu maître de Delphes, Philippe doit lutter contre la coalition d'Athènes et de Thèbes. Vainqueur à Chéronée (338), il établit pour deux siècles la tutelle macédonienne sur la Grèce. Il s'apprête à marcher contre les Perses, lorsqu'il est assassiné à l'instigation de sa femme Olympias ; son fils Alexandre lui succède.
Phocéens :
Habitant de Phocée : ancienne ville d'Ionie (côte ouest de l'Asie Mineure) qui eut, dès le VIIe s. av. J.-C., une grande importance commerciale. Massalia (Marseille) fut un des comptoirs qu'elle fonda en Occident.
Pisistrate :
Tyran d'Athènes (v. 600-527 av. J.-C.). Il établit la tyrannie en 560. Continuateur de l'uvre de Solon, il encouragea le commerce et favorisa le développement de la petite paysannerie. Il donna à Athènes ses premiers grands monuments et développa les grandes fêtes religieuses en hommage à Athéna (Panathénées) et à Dionysos (Dionysies).
Platon :
Né à Athènes en 428 ou 427 av. J.-C. dans une famille aristocratique, Platon reçoit une éducation poussée, suit l'enseignement des sophistes et, surtout, devient, en 408, le disciple de Socrate : il ne cessera, dans la succession de ses dialogues, d'évoquer la figure de son maître et de prolonger les voies de la sagesse socratique, très au-delà probablement de ce que Socrate lui-même avait pu concevoir. Huit ans après que ce dernier eut bu la ciguë, Platon entame une longue série de voyages : en Grèce, en Égypte, à Cyrène, en Italie du Sud (où il se lie avec le pythagoricien Archytas), à Syracuse, sur l'invitation du tyran Denys l'Ancien (qui le chassera). De retour à Athènes, il fonde en 387 l'Académie, véritable institut d'enseignement destiné à assurer la formation scientifique et philosophique d'une jeunesse qu'il veut rendre apte à gouverner selon la justice. Il se rend de nouveau à deux reprises en Sicile, sollicité par Denys le Jeune ; mais l'expérience est des plus négatives, et Platon, rentré à Athènes, consacre une bonne part de ses dernières années à repenser les conditions de réalisation de son idéal politique.
Buste de Platon
Rome :
Rome est née au VIIIe s. av. J.-C. du regroupement de plusieurs villages latins et sabins établis sur des collines, sept selon la tradition. Les Étrusques contribuèrent largement (VIIe-VIe s. av. J.-C.) à faire de Rome une cité bien organisée, pourvue de remparts et de monuments. La ville devint bientôt la capitale d'un empire immense ; sous les empereurs, elle compta un million d'habitants. L'apparition des Barbares l'amena à organiser sa défense (IIIe s. apr. J.-C.) et à se replier dans l'enceinte fortifiée d'Aurélien. Constantin lui porta un coup fatal en faisant de Constantinople une seconde capitale (330). Privée de la présence impériale, Rome déclina avant d'être mise à sac par les Barbares (en 410, 455, 472). Centre du christianisme, capitale des États pontificaux et siège de la papauté (sauf à l'époque de la papauté d'Avignon et du Grand Schisme, entre 1309 et 1420), elle connut ensuite un regain de prestige. Mais ce ne fut qu'à partir du XVe siècle que les papes renouvelèrent son visage, Rome devenant le rendez-vous des grands artistes de la Renaissance.
Salamine :
Ancienne ville de Chypre. Elle fut au Ier millénaire la cité la plus importante de l'île. Nécropole des VIIIe-VIIe s. av. J.-C. et ruines du IIe s. au VIe s. apr. J.-C. La bataille de Salamine consacre la victoire décisive de Thémistocle, à la tête de la flotte grecque, sur la flotte du Perse Xerxès Ier (deuxième guerre médique), non loin des côtes de l'île de Salamine, dans le golfe d'Égine.
Samos :
Île grecque de la mer Égée, dans les Sporades.
Socrate :
Philosophe grec (Alôpekê, Attique, 470 - Athènes 399 av. J.-C.). Fils d'un sculpteur et d'une sage-femme, Socrate est à lui seul un problème philosophique. Il n'a rien écrit, alors que la production littéraire était abondante de son temps ; il n'a pas fait métier d'enseignant, alors que nombre de ses contemporains, tels les sophistes, tiraient profit de leur talent pédagogique. Socrate nous est connu par Aristophane, qui le dénigre, par Xénophon, qui nous en donne une image simpliste et par Platon, qui lui a conféré une stature historique. Platon, son disciple principal, a-t-il fait de Socrate un portrait fidèle ou a-t-il été égaré par sa dévotion à l'égard du maître et lui a-t-il insufflé son propre génie ? La question est insoluble. Socrate parle, il n'écrit pas et il enseigne en interrogeant : c'est l' ironie socratique. Ce qu'il dit en dialoguant avec tel ou tel procède d'une méthode radicalement nouvelle : elle écarte toute certitude qui ne proviendrait pas de ce qu'on a en soi : c'est ce que Platon appelle la « dialectique ». Enfin, Socrate interroge et fait découvrir à son interlocuteur une vérité que celui-ci ne savait pas qu'il connaissait : c'est la maïeutique, l'art d'accoucher les esprits. Accusé « d'honorer d'autres dieux que ceux de la cité », c'est-à-dire, sans doute, de tout mesurer à l'aune de la pensée humaine, la sienne, accusé de « corrompre la jeunesse », c'est-à-dire, sans doute, de libérer des fausses croyances les jeunes à qui il s'adressait, il est arrêté, jugé, condamné à boire la ciguë.
Buste de Socrate
Solon :
Homme d'État athénien (v. 640 - v. 558 av. J.-C.). Son nom est attaché à la réforme sociale et politique qui amena l'essor d'Athènes. Ayant accédé au pouvoir (594-593), il partage les citoyens en quatre classes censitaires. Les riches ont accès aux magistratures, les pauvres (les thètes) participent aux réunions de l'ecclésia (assemblée des citoyens) et siègent désormais à l'héliée (tribunal populaire). Il semble que Solon ait eu le souci de développer en Attique l'artisanat (en obligeant les pères à apprendre un métier à leur fils) et le commerce. Il figure au nombre des Sept Sages de la Grèce.
Sparte ou Lacédémone :
Ville de la Grèce ancienne dans le sud du Péloponnèse.
À la fin du IXe s. av. J.-C., Sparte est constituée par la fusion de quatre villages doriens.
La tradition fait de Lycurgue, personnage mythique, le fondateur de ses institutions. La cité des Lacédémoniens est composée de citoyens de plein droit, les égaux (homoioi), qui reçoivent de l'État un lot de terre (cléros) cultivé par des hilotes (vaincus asservis). À la périphérie du territoire, des périèques, également soumis aux égaux, mais pouvant posséder des terres, vivent dans leurs cités selon leurs propres coutumes. Deux rois commandent l'armée ; une assemblée de notables, la gerousia, domine la vie politique ; l'assemblée des citoyens, ou apella, a peu de pouvoirs ; cinq éphores surveillent la vie publique.
VIIIe s. : une crise sociale (manque de terres) entraîne la conquête de la Messénie.
Entre 650 et 620 : la révolte des hilotes de Messénie limite les interventions hors du Péloponnèse, tandis que les institutions se figent.
L'apogée de Sparte : avec les autres cités du Péloponnèse, Sparte établit une politique d'alliance qui aboutit à la constitution de la ligue Péloponnésienne (symmachie).
464-459/458 av. J.-C. : Sparte réprime une nouvelle révolte en Messénie.
Au moment des guerres médiques, Sparte laisse à Athènes la gloire de sauver l'Hellade puis s'efface devant l'essor de la puissance athénienne sur mer. Mais l'affrontement devient inévitable quand Athènes prétend arbitrer les affaires de la Grèce.
431-404 av. J.-C. : la guerre du Péloponnèse oppose Athènes et Sparte.
Victorieuse, Sparte hérite de l'Empire athénien, mais ne sait pas le gérer. Affaiblie par la guerre, elle voit se dresser contre son despotisme une coalition animée par Athènes (394) et doit accepter l'arbitrage perse (« paix du Roi », 387-386).
371 av. J.-C. : sa défaite à Leuctres, devant les Thébains, marque la fin de sa puissance.
Le déclin : Sparte, en proie à une grave crise sociale, ne peut s'opposer à l'ascension de la Macédoine. Dès lors, réduite à la Laconie par Philippe II, elle décline après l'échec de tentatives de réformes.
146 av. J.-C. : Sparte est intégrée à l'Empire romain.
Les invasions barbares du IVe s. apr. J.-C. la ramènent au rang d'une simple bourgade.
Syracuse :
Colonie corinthienne fondée v. 734 av. J.-C., Syracuse imposa au Ve s. av. J.-C. son hégémonie sur la Sicile en refoulant les Carthaginois. Avec Denys l'Ancien (405-367 av. J.-C.), son influence s'étendit aux cités grecques de l'Italie méridionale. Elle fut conquise par Rome au cours de la deuxième guerre punique.
Syrie :
Région historique de l'Asie occidentale, englobant les États actuels de la Syrie, du Liban, d'Israël et de Jordanie. Histoire
Au IIe millénaire av. J.-C., la région est envahie successivement par les Cananéens (dont les Phéniciens sont un rameau), les Amorrites, les Hourrites, les Araméens (auxquels appartiennent les Hébreux) et les Peuples de la Mer.
539 av. J.-C. : la prise de Babylone par Cyrus II met fin à la domination assyro-babylonienne. La Syrie est incorporée à l'Empire perse.
332 av. J.-C. : le pays est conquis par Alexandre. La Syrie est alors intégrée au royaume séleucide, dont la capitale, Antioche, est fondée en 301.
64-63 av. J.-C. : la Syrie devient une province romaine.
Antioche devient un important foyer du christianisme.
395 apr. J.-C. : la Syrie est intégrée à l'Empire romain d'Orient (byzantin).
Tragédie :
Pièce de théâtre, dont le sujet est génér. emprunté à la légende ou à l'histoire, qui met en scène des personnages illustres et représente une action destinée à susciter la terreur ou la pitié par le spectacle des passions et des catastrophes qu'elles provoquent ; genre littéraire que constitue l'ensemble de ces pièces.
Thèbes :
Ville de l'Égypte ancienne. Des princes thébains réunifièrent l'Égypte et fondèrent la XIe dynastie, au XXIIe s. av. J.-C. De même, les princes thébains de la XVIIIe dynastie chassèrent les Hyksos (v. 1580). Au Nouvel Empire, Thèbes fut la capitale de l'Égypte et une grande métropole religieuse grâce au puissant clergé du dieu Amon. Elle fut détruite en 663 av. J.-C. lors de l'invasion assyrienne.
Zeus :
Dieu suprême du panthéon grec. Fils de Cronos et de Rhéa, il se révolte contre son père et le détrône à son profit. Inaugurant ainsi, à la suite de celle des Ouraniens, la génération des Olympiens, Zeus devient le maître du Ciel et le souverain des dieux ; il fait régner sur la Terre l'ordre et la justice. Même si les mythes lui prêtent toutes les faiblesses humaines, notamment dans ses innombrables aventures avec les mortelles, il est vénéré comme la divinité éminente qui se penche avec bienveillance et équité sur la condition des hommes. Son attribut est le foudre. Il a pour épouses Métis, Thémis, Déméter, Mnémosyne, Aphrodite, Latone et enfin Héra, sa sur. Ses sanctuaires les plus célèbres sont, en Grèce, Dodone et Olympie. Les Romains l'assimilèrent à Jupiter.
Zeus
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